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Visiter Borobudur sur l’île de Java au lever du soleil

Toutes les infos à savoir avant de visiter Borobudur au lever de soleil ou à n’importe quelle heure de la journée: localisation, prix, meilleurs horaires, où dormir.

Avec le recul, lorsque je pense à Java, il y a trois images qui me viennent à l’esprit : Borobudur, Bromo et le vert des rizières. Le Borobudur d’abord, parce que le lever de soleil est simplement magique avec la vue de ces stupas en pierre noire sur fond de jungle tropicale et à l’horizon le volcan Mérapi, et le ciel changeant mille nuances d’orange. Et coté sonore, on entend les oiseaux se réveiller et l’appel à la prière, Java étant majoritairement musulmane.

Le temple de Borobudur, le plus grand monument bouddhique du monde, a été construit non loin du volcan Merapi, entre 750 et 850, à la croisée de deux vallées arrosées par les rivières Progo et Elo. Avec les tempes d’Angkor au Cambodge et ceux de Bagan en Birmanie, Borodubur est un des sites bouddhistes majeurs en Asie du Sud-Est.

Avec le déclin du bouddhisme et le déplacement du pouvoir à l’est de Java, Borobudur fut abandonné et oublié pendant des siècles, enterré sous des couches de cendres volcaniques. Le site a été redécouvert au début du XIXème siècle, mais il a été rénové seulement dans les années 80 (1973 à 1983), grâce à l’UNESCO qui a entrepris de sauver le monument. Enfin, Borobudur est inscrit depuis 1991 au Patrimoine mondial de l’humanité. Il est malgré tout toujours menacé par la proximité du Mérapi, le volcan le plus actif d’Indonésie et par les touristes pas toujours respectueux.

Stupéfié par la splendeur du lieu, l’écrivain et diplomate français, Elie Faure, écrivait il y a presque un siècle à propos de Borobudur : « C’est d’ailleurs au moment de la grande époque bouddhiste que la sculpture hindoue changea la forme des montagnes ».

Et on comprend ses propos lorsqu’on est arrivé au sommet de cette montagne sacrée forgée par les humains.

Parlons justement de la visite que nous avons fait aux aurores! Il faut être à l’entrée du site à 4h30, la visite commence dans le noir complet, à la lueur des lampes de poches, mais on est vite récompensé pour l’effort: assister au lever du soleil et voir les couleurs changeantes du matin avec les silhouettes des stupas sur fond de brume, c’est simplement magique et c’est le moment qui nous a marqué le plus lors de notre voyage en Indonésie. Cerise sur le gâteau, il n’y a pas beaucoup de monde (faut garder à l’esprit que Borobudur est le site le plus visité d’Indonésie).

Le plus fascinant c’est de voir la jungle autour du temple émerger de la brume matinale, ainsi que les stupas de la terrasse supérieure. Assez rapidement, Borobudur dévoile ses secrets et sort de la nuit et on découvre enfin la splendeur du temple, avec les stupas et les bouddhas qui ornent les niveaux supérieurs et la dernière plate-forme, circulaire qui symbolise le nirvana.

Spiritualité

Le sanctuaire prend la forme d’un mandala géant, symbolisant le cosmos selon la philosophie du bouddhisme du Grand Véhicule, et son ascension est supposée guider le pèlerin dans son cheminement vers la délivrance (nirvana). Au cours de l’escalade, d’impressionnantes gargouilles, en forme de monstres sculptés, veillent au bon déroulement de l’ascension.

Lorsqu’on arrive sur les terrasses supérieures, on est soudainement côtoyé par ces 72 stupas creux, en forme de cloche et aux parois ajourées de losanges, renfermant chacun une statue de Bouddha en train de méditer. Une position qui représente aussi la nature fourbe du monde environnant.

Borobudur est aussi un lieu de pèlerinage bouddhiste et chaque année durant la pleine lune en mai ou en juin, les bouddhistes indonésiens célèbrent le Vesak (Waisak). Ce jour est la commémoration à la fois de la naissance, de la mort et du moment où Siddhartha Gautama atteignit la plus haute sagesse pour devenir le Bouddha Shakyamuni.

Il semblerait que le nom de Borobudur dérive du sanscrit « vihara Buddha uhr » qui signifie « le monastère bouddhique sur la colline ».

Histoire

Le Temple de Borobudur (ou  Candi Borobudur en indonésien), est le plus grand monument bouddhiste au monde et a été érigé entre 750 et 850 par Smaragunta, un souverain de la dynastie Sailendra qui a régné sur l’île de Java du VIe au Xe siècle. Un siècle après la construction, soit vers l’an 950, il fut abandonné comme la plupart des monuments qui se trouvaient dans le centre de l’île de Java. Par la suite, l’éruption du Merapi ainsi que la jungle environnante ont dissimulé le temple qui fut complètement oublié pendant des siècles.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que Borobudur fut redécouvert par le gouverneur général de l’île, Sir Thomas Stamford Raffles. Ce dernier, qui était un grand passionné de l’histoire de Java, fut informé de la présence d’un grand monument enseveli dans la jungle près du village de Bumisegoro. Sir Raffles réalisera en 1815 une gravure du temple et en 1873 paraîtra la première photographie du monument.

Après une première campagne de restauration effectuée à la fin du XIXe siècle, dirigée par Theodor van Erp, la véritable renaissance du site est due à la campagne de restauration menée par l’Unesco, sur une dizaine d’années à partir du milieu des années 1970. C’est en 1991 que le site sera officiellement inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Architecture

A la fois un stupa et, vu du ciel, un mandala, le monument forme un carré d’environ 113 mètres de côté avec, à chaque point cardinal, une partie en saillie accompagnée aux quatre angles par une partie en retrait.

Borobudur est construit sur trois niveaux : une base pyramidale comprenant cinq terrasses carrées concentriques, surmontée d’un tronc de cône (trois plate-formes circulaires) et couronnée d’un stupa monumental. Les galeries sont couvertes de bas-reliefs taillés in situ dans de la pierre volcanique grise (environ 5 km de longueur), relatant les divers épisodes de la vie du bouddha Sakyamuni et sur les plate-formes circulaires il y 72 stupas abritant autant de statues du Bouddha.

Surplombant la région avec ses 1.600.000 blocs de pierres volcaniques, ce temple majestueux est aussi le parfait endroit pour contempler le volcan Merapi au loin, toujours en activité.

Comment s’y rendre ?

Borobudur est facilement accessible depuis la ville de Yogyakarta.

  • En bus

Depuis la gare routière de Yogyakarta, il faut vous rendre au terminal de bus de Jombor (bus 2B/2A, environ 3 000 roupies), pour ensuite prendre un bus local pour Borobudur. Le trajet vous coûtera environ 20 000 roupies en aller simple. De là, le temple est accessible à pieds.

⚠️ Dernier bus de Borobudur pour Yogyakarta est à 15H00.

Vous pourriez quand même rentrer sur Yogya en bus, en passant par la station de bus de Magelang (des bus toutes les heures).

Et dernière version pour le bus, il y a une ligne directe de l’aéroport Yogyakarta International Airport (YIA) pour Borobudur ou la ville de Magelang (voir les bus « DAMRI »).

  • En taxi

Le taxi pour Yogyakarta jusqu’à Borobudur coûte environ 300 000 roupies et le trajet dure 40 minutes.

  • Voiture avec chauffeur

C’est l’option pour laquelle nous avons opté pour pouvoir être à Borobudur avant 4:30 du matin et assister au lever de soleil. C’est notre maison d’hôtes qui a tout organisé.

Nous avons logé à la Sumbing Indah Villa, au milieu des rizières et la villa se trouve à 40 minutes de route du Temple de Borobudur et à une heure en voiture du centre de Yogyakarta.

  • Aéroports les plus proches

Semarang (90 km) et Yogyakarta (40 km) sont les deux villes avec des aéroports internationaux les plus proches du site de Borobudur. Des vols internationaux pour Kuala Lumpur et Singapour sont desservies de ces aéroports, mais également des vols internes pour Denpasar (Bali) et Jakarta.

Infos pratiques

Heures d’ouverture du parc : 6h du matin à 17h.

Il y a un billet combiné qui peut s’acheter directement à l’entrée de Prambanan ou de Borobudur. Ça revient moins cher que d’acheter les deux tickets d’entrée séparément ( $45 / personne). Mais ce billet combiné ne vous donne pas accès à Borobudur pour le lever de soleil !

Une tenue « décente » est exigée pour pénétrer les lieux. Si vous êtes en short, on vous fournira gratuitement un sarong.

Vous trouverez toutes les mises à jour sur le site de Borobudur Park, mais à ce jour, février 2021, les prix sont les suivants: $ 25 | Rp 350,000 / adulte (ou enfant de + de 10ans) et $15 / enfant ou étudiant.

Et pour une expérience inoubliable, voir le lever de soleil à Borobudur, il va falloir débourser un peu plus… Il faut passer par la réception de l’hôtel Manohara avant 4H30 qui se trouve à 5 minutes du site. Il faut compter Rp 500 000 / adulte (étrangers), Rp 250 000 / Enfant (6 à 10 ans) et Rp 400 000 (si carte étudiant valide). Pour ce prix là, vous aurez droit au petit déjeuner offert par l’hôtel dans son jardin avec vue sur le temple.

Si vous avez aimé cet article et vous avez envie de découvrir les autres trésors de l’île de Java, je vous invite à lire mon article « Voyage sur l’île de Java en Indonésie: road trip de 4 jours en Java Centre« . Vous trouverez des infos sur les hôtels, sur le temple de Prambanan, la ville de Yogyakarta, les rizières de Magelang, le Bromo.

Quand partir en Indonésie ?

La meilleure période pour visiter l’Indonésie se situe pendant et autour de l’été, de mai à octobre, pendant la saison sèche. Pour éviter les foules de touristes à Bali en juillet-août, préférez les mois de juin et septembre. Nous sommes allés fin août/ début septembre.

Quand voyager en Indonésie ? Source : quandpartir.com
  • Haute saison (juillet – août)

Les touristes sont très nombreux dans l’archipel, de Bali à Sulawesi (Célèbes).
Hausse des tarifs de 50%.
Saison sèche, à l’exception des Moluques et de la Papouasie.

  • Saison intermédiaire (mai, juin, septembre)

Saison sèche, sauf aux Moluques et en Papouasie.
Temps clément à Java, Bali et Lombok (sec et moins humide).

  • Basse saison (octobre à avril)

Saison humide à Java, Bali et Lombok (saison des fleurs à Kalimantan).
Saison sèche aux Moluques et en Papouasie (parfait pour la plongée).
Voyage à moindre coût, inutile de réserver longtemps à l’avance.

Géographie, quelques données 

L’Indonésie est à cheval sur deux continents, elle serpente le long de l’équateur. La  » ligne Wallace  » délimite à l’ouest une partie asiatique et à l’est, une partie plus proche de l’Australie, donc plus aride. 

L’Indonésie compte plus de 17 000 îles après un décompte récent via satellite, dont 3000 sont habitées. C’est le plus grand archipel du monde et est classé 15e, de par sa superficie. D’est en ouest, entre l’océan Pacifique et l’océan Indien, le pays s’étend sur 5 110 km et couvre trois fuseaux horaires.

De la forêt vierge aux paysages arides, des mangroves impénétrables aux volcans, des barrières de corail aux rizières en terrasses, les paysages sont très variés. Et les deux tiers du territoire sont couverts de forêts tropicales. Ces forêts, les troisièmes du monde en superficie après la forêt amazonienne et celle du bassin du Congo, sont progressivement détruites par une exploitation sauvage du bois et le défrichage pour augmenter les espaces cultivables et pour installer des migrants (politique de transmigration). C’est une catastrophe écologique, les orangs-outans ont dû fuir leur habitat, il y a régulièrement des incendies… Bref, ce n’est pas le sujet ici, mais ce que je veux dire, ce que les merveilles que vous allez admirer lors de votre voyage, sont aujourd’hui en danger.

Voyage sur l’île de Java en Indonésie: road trip de 4 jours en Java Centre

Ce road trip a été la dernière étape de notre voyage en Indonésie, après Bali et Gili Meno. Au programme, visites des fabuleux temples de Borobudur et Prambanan, découverte de la capitale culturelle de Yogyakarta, de son fameux palais des sultans et son marché coloré, et balade dans les rizières méconnues du côté de Magelang, sans doute la partie la plus authentique de ce voyage.

Avec le recul, je peux vous dire que Java vaut vraiment la peine qu’on y accorde plus de temps, restez au minimum 8 nuits si vous souhaitez faire les temples et les volcans. Sinon il vous faudra choisir entre visiter Java Est (y passer 3 ou 4 nuits idéalement) ou la région de Jogjakarta et Java Centre (en y accordant au moins 3 nuits). Faute du temps, nous avons pris la dernière option, Java Centre et Jogjakarta. Toutefois, je vous donnerais des conseils pour poursuivre votre voyage.

Points Forts
  • Des sites culturels (Borobudur, Prambanan) et naturels (Bromo, Ijen) uniques au monde
  • Une hôtellerie pour tous les budgets
Points Faibles
  • Des temps de trajet importants, surtout si vous voulez aller à Bromo et Ijen.

Jour 1 : Découverte de Yogyakarta

Java est une île des contrastes, avec d’un côté, la frénésie urbaine et de l’autre, la douceur de vivre et les traditions rurales.

Côté ville, je vous propose la découverte de la capitale culturelle: Yogyakarta. Véritable poumon de l’art classique javanais et de sa culture traditionnelle, Jogja comme aiment la surnommer ses habitants, est une cité vivante et pittoresque, riche de monuments anciens exceptionnels, comme le célèbre palais des sultans, Kraton Ngayogyakarta.

La ville vit et respire l’art et une des meilleures façons de parcourir ses ruelles animées est le becak, une sorte de cyclopousse local populaire. Le dédale des rues de la vieille ville rappelle les souks du Maghreb, les fortifications évoquent les nombreuses guerres menées par l’ancien royaume de Mataram, et les nombreuses vieilles demeures coloniales nous projettent à Amsterdam.

Yogyakarta occupe un statut à part dans le paysage indonésien. Elle fût pendant un moment la capitale de l’Indonésie lorsque celle-ci a été libérée du joug des Hollandais à la fin de la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui encore, elle bénéficie d’un statut de principauté accordé par l’Etat indonésien en remerciement de sa participation décisive à la guerre d’Indépendance.

Le palais du sultan, au cœur de la cité interdite, mêle avec élégance les colonnades hollandaises au style architectural javanais. Véritable ville dans la ville, le kraton est le centre spirituel et royal de Yogyakarta. Bâti en 1756, le kraton est construit suivant les préceptes de la cosmologie hindou-javanaise: ainsi, l’entrée nord est tournée vers le Mont Mérapi, siège des dieux, tandis que l’entrée sud s’ouvre en direction de la mer, domaine de la déesse Nyai Loro Kidul.

Les javanais considèrent la vie sur terre comme un théâtre d’ombres et notre existence humaine une marionnette, dont on ne sait jamais par qui sont tirés les fils.

On peut apercevoir le mont Gunung Mérapi couronné d’un nuage de fumée depuis la ville. Les habitants de Jogjakarta considèrent le Mérapi comme un lieu sacré et lui remettent des offrandes plusieurs fois par an.

Dans un rayon de trente kilomètres autour de Jogjakarta vous avez le Mont Mérapi (2911 m), un des volcans les plus actifs du globe et l’Océan Indien avec des immenses plages séparées de falaises calcaires dont celle, célèbre, de Parangtritis flanquée de hautes dunes.

N’hésitez pas à vous rendre au marché Pasar Beringharjo, il est pittoresque et très coloré. Nous en avons rapportés des piments en souvenir.

Jour 2: Le temple de Prambanan

Quand on pense à Java, on a deux images qui nous viennent à l’esprit: Java la pieuse, avec ses temples spectaculaires et Java des volcans. Java, l’île des temples par excellence, est un territoire fabuleux pour les amoureux des vieilles pierres.

Tour à tour animiste, hindoue, bouddhiste puis musulmane, Java a un patrimoine religieux exceptionnel. Et deux noms suffisent à s’en convaincre : les temples de Borobudur et Prambanan, tous les deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Véritable chef d’oeuvre de l’art classique hindouiste, l’ensemble de Prambanan est constitué de 240 temples. Plus grand ensemble shivaïte d’Indonésie, il a été construit au IXe siècle par la puissante dynastie Sailendra.

Au milieu de la dernière des enceintes carrées concentriques s’élèvent les trois temples, décorés de reliefs illustrant l’épopée du Ramayana, dédiés aux trois grandes divinités hindouistes : Shiva, Vishnu et Brahma, et trois temples dédiés aux animaux qui servent de monture à ces dieux.

Les hautes structures sont typiques du style architectural hindou et son plan général représente un mandala, les mandalas étant des représentations du cosmos utilisés dans les religions hindoue et bouddhiste comme support de méditation. Le mandala (en sanskrit, le cercle) est un espace sacré et symbolise le long et difficile chemin de l’initiation.

Le temple Sari

Sur le chemin de retour pour rentrer à Yogyakarta, vous pouvez vous arrêter au petit temple Sari. Nous avons surtout aimé le côté intimiste du temple au milieu d’un petit village. C’est joli, mais sans plus, surtout après avoir visité Prambanan.

Après la visite de Prambanan et Sari, nous sommes partis rejoindre notre hôtel du côté de Magelang, afin d’être plus près de Borobudur et pouvoir le voir au lever du soleil. A notre arrivée à l’hôtel, on a pu profiter d’une longue balade dans les rizières avec les lumières du soleil couchant.

Jour 3: Lever de soleil à Borobudur

Borobudur au lever de soleil

Et voici la raison de notre présence sur Java! J’ai été tellement émerveillée par ce temple, que je lui ai dédié un article. Vous allez vite comprendre pourquoi, en voyant plus de photos.

Le temple de Borobudur, ou Candi Borobudur en indonésien, a été construit aux VIIIe et IXe siècles en pierre volcanique noire pour mieux transmettre la puissance spirituelle et énergétique de la Terre. Longtemps abandonné, il fut redécouvert au début du XIXe siècle puis restauré et aujourd’hui il est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Situé dans la vallée de Kedu et proche du volcan Merapi, Borobudur se trouve à une quarantaine de kilomètres de Yogyakarta. Il est le plus vieux, et surtout le plus beau temple bouddhique du monde.

Vous trouverez mon article sur Borobudur avec toutes les infos comment y aller, histoire, architecture : « Visiter Borobudur sur l’île de Java au lever du soleil« .

Jour 4: Campagne javanaise avec balade dans les rizières coté Magelang

À l’époque coloniale, Magelang était une importante place militaire. C’est là qu’a été arrêté en 1830 le prince Diponegoro, événement qui a mis fin à la guerre de Java (1825-30). De nos jours, la ville n’a pas d’intérêt particulier, à part celui d’être un bon point de départ pour visiter Borobudur.

Nous avons choisi une maison d’hôtes dans la campagne javanaise, au milieu des rizières. L’endroit était beau et calme, à des années lumière du tourisme de masse de Bali. Bref, pas du tout touristique, les villageois nous prenaient en photo comme si on était des stars, enfin, surtout Mr Echoesofmytravels et ses yeux bleu azur 😂.

Les rizières sont magnifiques, les balades qu’on a fait, les rencontres des villageois, c’était top. Notre hôte nous a réservé un guide afin de pouvoir échanger avec les locaux, nous avons visité une fabrique artisanale de tofu et une autre qui faisait des chips de tofu! On a fini la balade avec des cocktails de fruits préparés par la femme de notre guide.

Alors, il faut quand même que je vous raconte comment on a atterri dans cette maison d’hôtes! On avait déjà décidé d’aller à Bali, un vendredi soir on prend nos billets pour Jakarta (pas de vol direct pour Bali) et le lendemain on va acheter un guide, le Lonely Planet, afin de savoir que voir, que faire et surtout si ça vaut la peine de rester aussi sur Java.

On est à la Fnac, je prends donc le guide et je l’ouvre pile à la photo de Borobudur au lever du soleil!!! Je dis, chéri, il faut à tout prix voir ça, c’est trop beau! Ensuite on rentre à la maison et le soir, on regarde Echappées Belles, sur Java et le temple de Borobudur!!! Et le journaliste dort chez Christophe, un français marié à une javanaise qui tient la maison d’hôtes où nous avons logé! Donc, si tu lis ça, Christophe, ce fut un plaisir de vous connaître, vous et votre femme, et merci encore d’avoir organisé pour nous l’escapade à Borobudur à 3h du matin. Ce fût le plus spectaculaires lever de soleil de notre vie!

Java-Est, Mont Bromo et Kawah Ijen : proposition d’itinéraire

Java est parsemée de centaines de volcans qui représentent l’autre trésor de l’île. Ils ont pour nom Merapi, Semeru (le point culminant de l’île), Bromo … Situé dans le massif du Tengger, à l’est de l’île, le mont Bromo (2392 m) est un volcan sacré pour les Javanais, et considéré comme le plus beau de l’île. J’ai eu la chance de l’apercevoir d’avion, sur le vol de Bali à Java 😉. En général, le point de départ pour l’atteindre est la ville de Probolinggo. De là, des navettes vous y conduiront, et une fois arrivés, il va falloir grimper!

Mont Bromo. Crédit photo : Easyvoyage.com

Selon la tradition hindouiste javanaise, Brahma aurait forgé le Monde au fond de son cratère. La vaste caldeira d’environ dix kilomètres de diamètre est percée par les cônes volcaniques , dominés par celui, au loin, du volcan Semeru (3676 m.). A voir absolument au lever du soleil!

Autre volcan, autre décor, le Kawah Ijen (2148 m), situé à l’extrême est de Java, présente une ascension plus facile que Bromo et vous emmène dans un paysage plus sec, aride, lunaire… Il a été rendu célèbre en France par un documentaire de Nicolas Hulot. Son ascension mène à la caldeira (comptez une heure et demie de marche pour un dénivelé de 230 m), au-dessus des nuages, surplombant un magnifique lac sulfurique bleu turquoise qui est le plus grand réservoir d’acide au monde.

Mont Ijen. Crédit photo: Baliauthentique

Nous n’avons pas pu, faute de temps, voir le volcan Bromo, ni celui d’Ijen. Mais c’est ce que nous aurions fait si nous avions trois / quatre jours de plus. Je me suis donc renseignée comment y aller la prochaine fois qu’on sera en Indonésie, car nous allons y retourner, c’est certain!

Je vous donnerais ci-après deux propositions d’itinéraires, à vous de voir ce qui vous semble le plus approprié niveau temps et budget.

Kawah Ijen est situé à l’extrême Est de l’île de Java, qui est séparée de Bali par un détroit large de quelques kilomètres (traversée d’une heure en ferry) et c’est sans doute le moyen le plus rapide d’accès. Et ensuite poursuivre vers Mont Bromo. A noter, Bromo est à environ 5 heures de route de Bali. C’est la variante proposée par l’agence BALI Autrement, vous trouverez de nombreux articles, adresses, sur leur site. Très intéressant, si vous passez par eux, ils proposent de séparer la découverte du Bromo et de l’Ijen par une étape sur la côte sud de Java en lisière de la réserve naturelle de Meru Betiri et à proximité de plages sauvages (afin de ne pas faire 2 réveils matinaux coup sur coup). Personnellement, cela me séduit vraiment comme proposition, surtout que j’ai repéré des jolis hôtels sur leur site.

Autre possibilité, moins onéreuse, est proposée par Pauline et Valentin, sur leur blog de voyage, La Poze. Vous trouverez leur article sur Bromo par ICI. En bref, ils ont mis plus de 12 heures de route en minibus pour rejoindre Bromo depuis Yogyakarta et coté budget, ils ont payé 100 euros par personne pour les transports, les logements et les entrées au volcan Bromo et Kawah Ijen. Et ils sont passés directement par leur hôtel.

Où dormir à Java?

THE PHOENIX HOTEL à Yogyakarta , 2 nuits

The Phoenix Hotel Yogyakarta est un hôtel-boutique de la MGallery Collection avec beaucoup de personnalité, un luxe d’une autre époque. Ouvert en 1918, ce cinq étoiles est un morceau d’histoire à lui tout seul, mêlant les influences javanaises et européennes. 

L’hôtel est vraiment très beau, avec cet air colonial, les employés sont très prévenants. Veiller à être dans le bâtiment principal pour profiter de cette ambiance coloniale. Le petit déjeuner au milieu du jardin et en musique est très agréable. Nous avons testé aussi un déjeuner, mais là, rien d’exceptionnel, repas correct sans plus.

VILLA SUMBING INDAH à Magelang, 1 nuit

C’est la maison d’hôtes proposée par Christophe, je vous parlais de lui lors du séjour à Magelang. La villa traditionnelle javanaise est située au milieu de paysages verdoyants pittoresques. La propriété a beaucoup de charme avec ses toits de chaume. Vous allez aimer la piscine extérieure, le petit-déjeuner servi sur la terrasse. Rien de luxueux cette fois-ci, mais un cadre plus authentique et surtout la possibilité d’interagir avec les villageois.

Le Sumbing Indah Villa se trouve à 40 minutes de route du Temple de Borobudur et à une heure en voiture du centre de Yogyakarta.

Quand partir en Indonésie ?

La meilleure période pour visiter l’Indonésie se situe pendant et autour de l’été, de mai à octobre, pendant la saison sèche. Pour éviter les foules de touristes à Bali en juillet-août, préférez les mois de juin et septembre. Nous sommes allés fin août/ début septembre.

Quand voyager en Indonésie ? Sourcequandpartir.com

Haute saison (juillet – août)

Les touristes sont très nombreux dans l’archipel, de Bali à Sulawesi (Célèbes).
Hausse des tarifs de 50%.
Saison sèche, à l’exception des Moluques et de la Papouasie.

Saison intermédiaire (mai, juin, septembre)

Saison sèche, sauf aux Moluques et en Papouasie.
Temps clément à Java, Bali et Lombok (sec et moins humide).

Basse saison (oct-avr)

Saison humide à Java, Bali et Lombok (saison des fleurs à Kalimantan).
Saison sèche aux Moluques et en Papouasie (parfait pour la plongée).
Voyage à moindre coût, inutile de réserver longtemps à l’avance.

Le visa

Les ressortissants français et belges sont exemptés de visa pour les séjours de moins de 30 jours en Indonésie.

Géographie, quelques données

L’Indonésie est à cheval sur deux continents, elle serpente le long de l’équateur. La  » ligne Wallace  » délimite à l’ouest une partie asiatique et à l’est, une partie plus proche de l’Australie, donc plus aride.

L’Indonésie compte plus de 17 000 îles après un décompte récent via satellite, dont 3000 sont habitées. C’est le plus grand archipel du monde et est classé 15e, de par sa superficie. D’est en ouest, entre l’océan Pacifique et l’océan Indien, le pays s’étend sur 5 110 km et couvre trois fuseaux horaires.

De la forêt vierge aux paysages arides, des mangroves impénétrables aux volcans, des barrières de corail aux rizières en terrasses, les paysages sont très variés. Et les deux tiers du territoire sont couverts de forêts tropicales. Ces forêts, les troisièmes du monde en superficie après la forêt amazonienne et celle du bassin du Congo, sont progressivement détruites par une exploitation sauvage du bois et le défrichage pour augmenter les espaces cultivables et pour installer des migrants (politique de transmigration). C’est une catastrophe écologique, les orangs-outans ont dû fuir leur habitat, il y a régulièrement des incendies… Bref, ce n’est pas le sujet ici, mais ce que je veux dire, ce que les merveilles que vous allez admirer lors de votre voyage, sont aujourd’hui en danger.

Escapade au Negresco, palace légendaire à Nice

Sur la Promenade des Anglais, le Negresco attire tous les regards avec sa façade Belle Époque et sa coupole. Un vrai hôtel musée qui abrite une collection riche de 6 000 œuvres d’art.

Le peintre Dali, la Princesse Grace de Monaco, les Beatles, Louis Armstrong, Ernest Hemingway et bien d’autres ont foulé les marches du Negresco au fil du temps. Aux têtes couronnées ont succédé les stars du show-biz, d’Anthony Quinn à Michael Jackson, en passant par Elton John. Romy Schneider y a également vécu un peu de son idylle avec Alain Delon. Et ce lieu mythique est le dernier palace familial de l’Hexagone resté français.

Petite anecdote, Elton John y a tourné en partie le clip de sa chanson « I’m still standing » (à la fin).

Un peu d’histoire

Fascinante trajectoire que celle d’Henri Negrescu, né à Bucarest en 1870. A treize ans, il quitte la Roumanie pour Paris, sans argent mais riche d’ambitions et surtout d’un état : il était fils d’aubergiste. Ascension fulgurante, Negrescu devenu Negresco, passe par Monte-Carlo et Londres, commis puis maître d’hôtel puis directeur, sachant se rendre indispensable, côtoyant une élite cosmopolite où se mêlaient souverains et rois des affaires tels Vanderbilt ou Rockefeller. 

Enfin, il est directeur du restaurant du Casino municipal de Nice, et c’est à ce moment qu’il pense édifier sur la promenade des Anglais un hôtel de luxe portant son nom. Un riche capitaine d’industrie, André Darracq, des automobiles et moteurs d’avion du même nom, finance le projet.

Conçu par l’architecte de la Belle Époque, Édouard-Jean Niermans, doté de luxes inouïs comme la stérilisation de l’eau par rayons ultraviolets, une turbine centrifuge assurant le nettoyage par le vide des couloirs ou la distribution du courrier directement dans les chambres par un système de pneumatique, il dépassa aussitôt en prestige du Carlton à Cannes et du Normandy à Deauville. La légende dit que la célèbre coupole rose de l’hôtel reproduisait avec fidélité le sein de la maîtresse de son propriétaire.

Le Negresco ouvre ses portes en janvier 1913. Lors de son inauguration, pas moins de sept têtes couronnées vinrent contempler le grand hall elliptique de style Louis XVI.

Le succès est immédiat. La première année d’exploitation, le palace réalise un bénéfice de 800 000 francs en or ! Hélas, la Première Guerre mondiale éclate et son établissement est transformé en hôpital de guerre. À la sortie de la guerre, Henri se retrouve sans le sou. Croulant sous les dettes, il meurt d’un cancer en 1920, à seulement 52 ans.

Le Negresco est alors repris par un groupe hôtelier belge et tout ce que la planète compte de riches héritiers et de richissimes industriels se pressent à nouveau au Negresco. Le phénix renaît de ses cendres. Mais la Seconde Guerre mondiale se profile et à la fin du conflit, le palace n’est plus qu’une ombre.

Vie mondaine et soirées chics, le mythe se perpétue avec Jeanne Augier et son mari Paul, qui rachètent le Negresco en 1957. Bien décidés à ce que le Negresco retrouve toute sa noblesse, les Augier font en quelques années passer le nombre d’employés de 76 à 260. Et ils mettent un point d’honneur à ce que l’art français y trouve un écrin.

En 2015, Le Negresco est rentré dans le cercle très fermé des institutions « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Ce label officiel est une marque de reconnaissance créé par l’État Français pour distinguer des entreprises  aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.

Nos amis les bêtes, sont plus qu’admis, ils sont invités à fouler de leurs petites pattes le perron du 37 Promenade des Anglais, comme en son temps le guépard de Salvador Dalí.

L’art dans tous ses états

On peut avoir séjourné dans les hôtels les plus prestigieux de la planète, rien ne prépare à l’exception Negresco… Et cette exception, on la doit à Jeanne Augier, sa dernière propriétaire qui a fait du Negresco l’hôtel musée qu’on admire aujourd’hui. Son secret le mieux gardé: l’hôtel a son propre atelier d’art et emploie à l’année un restaurateur, des tapissiers, un marbrier et deux ébénistes de l’école Boulle.

Sous la verrière du salon Royal dessinée par Gustave Eiffel, des œuvres de Niki de Saint Phalle côtoient un portrait de Louis XIV et seuls ceux qui ont visité le Louvre et Versailles connaissent ce troisième exemplaire. On reste bouche bée devant son lustre de Baccarat de 4,60 mètres et 16.800 cristaux, une merveille destinée à l’origine au tsar Nicolas II de Russie (on peut admirer le jumeau au Kremlin).

Les formes sexy de la Nana Jaune de Niki de Saint Phalle dans le Salon Royal donnent le ton aux sept tapis aux couleurs très 70’ commandés spécialement à l’artiste Raymond Moretti. Un portrait de Louis Armstrong par Raymond Moretti, une toile de Vasarely, un tableau de Mignard, une affiche de René Gruau (l’hôtel en possède la plus grande collection privée) complètent l’ensemble.

Se balader dans les couloirs et salons du Negresco c’est parcourir un joyeux mélange d’époques et de styles. Des salons dédiés à Louis XVI ou à Napoléon III jusqu’aux 124 chambres et suites vénitiennes ou «street art», on n’est pas au bout des surprises.

Jeanne Augier, sa charismatique propriétaire

Jeanne Augier a fait du Negresco le lieu d’art qu’on connaît aujourd’hui. Collectionneuse compulsive, elle a mélangé les styles et les couleurs, donnant un nouvel élan aux palaces qui jusqu’alors n’osaient utiliser que le marron, les beiges et le vert bouteille dans la décoration pour ne pas faire de l’ombre aux tenues de ses clientes.

Elle possédait 97% du Negresco, acheté par son père en 1957 et qui aurait une valeur de 300 à 400 millions d’euros, selon une estimation de 2016, hors mobilier et œuvres d’art.

Dans les années 60, le shah d’Iran prendra conseil de Jeanne Augier pour la création d’un palace à Ispahan, et le Ritz de Montréal s’est offert ses talents de décoratrice.

Au sultan de Brunei qui souhaite lui racheter le Negresco, elle répond qu’il est trop cher pour lui. Bill Gates lui fait un cheque en blanc et il essuie le même refus. Idem, pour une proposition arrivée du Maroc: «Nous achetons, le prix importe peu.» Rien n’y fait. Madame est très «cocorico», comme elle aimait le rappeler et le Negresco restera français!

Il y a quelques années, l’annonce de la création d’un fonds de dotation « Mesnage-Augier-Negresco » pour la «lutte contre la souffrance humaine et animale», à laquelle Jeanne Augier a légué son hôtel et quelques autres biens privés, avait défrayé la chronique, chacun y allant de sa version des Aristochats des temps modernes. Les bénéfices vont au développement de l’hôtel, à la défense des animaux, aux handicapés et au « rayonnement de l’art français ».

Les restaurants et bar

La Rotonde

Un patrimoine où la cuisine tient toute sa part, le Negresco proposant deux restaurants:

Chantecler, le restaurant gastronomique, est étoilé au Guide Michelin.

Et la brasserie La Rotonde, qui est une véritable institution chère au cœur des Niçois. Récemment rénovée avec ses tons or et blanc, et ses chevaux de manège qui viennent ponctuer le décor. La Rotonde est une version chic et décontractée de la Riviera.

Virginie Basselot est l’une des figures de la nouvelle génération du paysage gastronomique français. Meilleur Ouvrier de France, elle est aux commandes du restaurant étoilé Le Chantecler, de La Rotonde, du room-service et des banquets depuis 2018. Dans l’histoire du palace, c’est la première fois qu’une femme coiffe la toque de chef.

Pour la petite histoire, j’ai choisi de vous parler du Negresco car c’est là que nous avons récemment fêté notre cinquième anniversaire avec Mr Echoesofmytravels. Et j’ai choisi cet endroit chargé d’histoire en partie pour la légende Negresco et en partie car le fondateur était roumain, et comme certains d’entre vous le savent, je suis moi-même d’origine roumaine. Nous avons dîné à La Rotonde, l’endroit est effectivement très surprenant. Concernant le dîner en soi, au sujet du plat linguine et bisque de homard bleu, je suis un peu partagée, les pâtes n’étaient pas « al dente ». Toutefois, le service était à l’hauteur et les desserts divins.

Clap de fin de ce weekend anniversaire avec quelques images de Nice et du bord de mer.

A la découverte de la magnifique Villa Ephrussi De Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat

Dès la fin du XIXe siècle, la Côte d’Azur attire les têtes couronnées et les plus grandes fortunes. Si dans les années 1860, le Comté de Nice est une région escarpée, mal desservie par les transports, l’arrivée du chemin de fer change tout et ouvre de nouvelles perspectives.

Avec son climat agréable en bord de la mer et un panorama unique au monde, ce coin de la France a de quoi fasciner. Ce fut notamment le cas de la baronne Béatrice Ephrussi de Rothschild.

Béatrice hérite de l’immense fortune de la famille Rothschild en 1905, suite au décès de son père. On dit que son père était l’homme le plus riche de France. C’est aussi cette année-là qu’elle découvre un des joyaux de la Côte d’Azur, la presqu’île du Cap Ferrat. La baronne est subjuguée par l’endroit et décide d’y acheter un terrain de 7 hectares pour construire la villa et le jardin de ses rêves.

Depuis, la villa et ses jardins ont continué à fasciner les visiteurs et même les cinéastes. C’est ainsi que certaines scènes de James Bond, « Jamais plus jamais« , avec Sean Connery et Kim Basinger ont été tournées dans cette villa, puisque c’est là que Bond et Domino sont « invités » par Largo. Les extérieurs prévus au planning seront coupés au montage.

Par ailleurs, outre le retour de Sean Connery, qui fit du film un événement, ce sont indubitablement ces lieux magiques de la Côte d’Azur qui donnent encore plus à Jamais plus jamais le luxueux cachet que l’on associe au monde de James Bond.

D’inspiration de Renaissance italienne, la villa Ephrussi De Rothschild a été construite au début du XXe siècle. De nos jours, vingt-cinq personnes entretiennent à plein temps cette demeure de 3 000 m² et son parc de 4 hectares. On y trouve certaines des plus belles collections d’œuvres d’art en France et plus de 1 500 variétés de plantes.

J’avais déjà entendu parler de cette villa et vu des photos auparavant, mais ce petit reportage l’a mise sur ma bucket list (Crédit : journal télévisé de 20H du 03/03/2020 présenté par Julien Arnaud sur TF1).

https://www.lci.fr/voyages/video-a-la-decouverte-de-la-villa-ephrussi-de-rothschild-un-des-plus-beaux-palais-de-la-cote-d-azur-2147042.html

Un peu d’Histoire

Née en 1864 à Paris, dans un hôtel particulier donnant sur la place de la Concorde, Béatrice de Rothschild a depuis son enfance évoluée au milieu de tableaux de maître et des belles choses. Elle est la fille du baron Alphonse de Rothschild, régent de la Banque de France et grand collectionneur d’art. A 19 ans, elle épouse Maurice Ephrussi, banquier parisien originaire de Russie de 15 ans son aîné et ami de ses parents. Le mariage tourne vite au désastre et suite à une grave maladie que Maurice Ephrussi lui transmet, Béatrice de Rothschild n’aura pas d’enfants.

Après son divorce, Béatrice se dédie à la collection d’objets d’art. Héritant du goût des belles choses de sa famille dont la devise était Ars Patriae Decus : L’art est l’honneur de la patrie, Béatrice Ephrussi de Rothschild allait devenir l’une des plus grandes collectionneuses de son siècle.

En 1905, elle a quarante ans, est séparée de son mari et vient d’hériter d’une fortune colossale. Subjuguée par le Cap Ferrat encore peu construit, l’extravagante Béatrice de Rothschild y achète sept hectares. Le panorama est à couper le souffle, mais le terrain choisi est rocailleux et souvent balayé par les vents. Déterminée, Béatrice prend conseil auprès des meilleurs architectes et paysagistes et dès 1912, une villa avec de splendides jardins se dresse sur la partie la plus étroite de la presqu’île avec de magnifiques points de vue.

Préférant ses résidences monégasques plus proches des tables de jeux, Béatrice a très peu séjourné au cap Ferrat. Elle s’éteint en 1934 à Davos, où elle était venue soigner sa tuberculose. Elle lègue sa villa et l’ensemble de ses collections à l’Institut de France, avec le désir que sa villa devienne « un musée ayant l’allure d’un salon ».

L’année du décès de Béatrice, l’architecte paysagiste Louis Marchand est chargé d’imaginer et de concevoir les jardins thématiques : jardin espagnol, florentin, japonais, mexicain, etc. Après la fin de la deuxième guerre mondiale, sous l’impulsion du même architecte paysagiste, la couleur des façades de la villa change : de l’ocre-jaune, la villa passe au rouge-rose, lui donnant son caractère vénitien.

Coté architecture intérieure, le patio est inspiré par l’architecture des villas de la Renaissance italienne et la plupart des piliers roses soutenant les arches sont en marbre de Vérone.  Quant aux décors de la voûte de la galerie qui fait le tour du patio, ils sont la copie de ceux d’un palais vénitien. Le plafond suspendu était décoré à l’origine d’un ciel en trompe-l’œil.

Les jardins de la Villa Ephrussi

Petite anecdote, la création des jardins a nécessité 7 ans de travaux, car le promontoire rocailleux et boisé, battu en permanence par les rafales de vent, n’était pas propice à la création d’un jardin. Pour y arriver, la baronne fait dynamiter le sol et apporter d’énormes quantités de terre pour le remettre à niveau. Aux commandes de ce chantier gigantesque se trouve Jacques-Marcel Auburtin.

Le jardin à la française

Béatrice a souhaité que le jardin principal soit en forme de pont de bateau, orné de cascades et de bassins, avec le temple de l’Amour en proue. Elle pouvait ainsi s’imaginer, voyant la mer de chaque côté, être à bord du bateau à vapeur « Ile de France », dont elle avait donné le nom à la villa en souvenir d’un voyage mémorable.

Composé d’oliviers centenaires, d’haies de cyprès, des pins d’Alep, le jardin dispose également d’un grand parterre avec son canal et ses bassins, la touche exotique étant apportée par des palmiers, des bouquets de cycas et un banyan centenaire.

Le jardin espagnol

Traversé par un étroit canal entouré de plantes, il voit, dès le mois de mars, les floraisons de plantes odorantes se succéder. Tous les sens sont ici en éveil : le goût avec les grenadiers et oliviers, la vue avec le rosier centenaire de Lady Banks se déployant à un mètre au-dessus du sol… une magnifique symphonie en rouge et blanc.

Le jardin florentin

Ce jardin est composé d’une allée bordée de cyprès centenaires, agrémenté d’un escalier en fer à cheval qui abrite en son centre une statue néoclassique de Jean-Baptiste Boyet, représentant « Zéphyr contrariant les amours d’une rose et d’un papillon ». Ça nous fait pensé à Florence, au jardin de Boboli ou Bardini.

Le jardin lapidaire

Avec son ambiance de sous-bois et son enclos en forme de quadrilatère, le jardin lapidaire met en scène des bas-reliefs et des gargouilles provenant d’édifices civils ou religieux.  

Le jardin japonais

Le jardin japonais est appelé « Cho-Seki-Tei », ce qui signifie « jardin où l’on écoute tranquillement l’agréable bruit des vagues au crépuscule ». Il a été créé en 2003 par le professeur Fukuhara et il est constitué de trois jardins : le jardin sec, d’eau et de montagne, recréés autour des cèdres et filaos plantés à l’époque de Beatrice.

Le jardin exotique

Anciennement appelé jardin mexicain, le jardin exotique est le royaume des plantes succulentes et cactées gigantesques. Les floraisons orangées des aloès réchauffent le jardin en hiver, tandis que les floraisons rouges des figuiers de barbarie illuminent les mois d’été.

Roseraie

La roseraie, à la pointe de la propriété possède plusieurs variétés de roses anciennes et hybrides modernes. C’est un coin à part, avec son petit temple occupé par la statue représentant une allégorie de la source.

Le jardin provençal

Les sentiers du jardin dit provençal sont bordés d’oliviers, des lavandes et pins courbés par le vent.

Horaires d’ouverture

La Villa est ouverte 365 jours par an de 10h à 18h sauf : 
– En juillet et août  de 10h à 19h. 
– De novembre à janvier : du lundi au vendredi de 14h à 18h / les week-ends, jours fériés et vacances scolaires de 10h à 18h.
Dernière admission 1/2 heure avant la fermeture.

Comment y aller

06230 Saint-Jean-Cap-Ferrat
Tél : 04 93 01 33 09

La Villa Ephrussi de Rothschild est localisée entre la Baie de Villefranche et la Baie de Beaulieu. Elle se situe à 10 kilomètres de Nice et Monaco.

  • En voiture : accès par la basse corniche (RD6098). Un parking gratuit est disponible sur le site. 
  • En bus : ligne 15 arrêt « Passable – Rothschild » ou ligne 100 arrêt « Pont Saint Jean » puis environ 15 mn de marche jusqu’à la Villa. 
  • En train : gare de Beaulieu-sur-Mer.
  • En avion : aéroport de Nice.

Italie, weekend au Lac de Garde

Avec son climat doux et sa température idéale, le lac de Garde ressemble à une mer enchâssée entre les Alpes. Le lac est entouré de palmiers, lauriers, oliviers et vignes et ses rives sont constellées de petits bourgs, châteaux et monastères, monuments et musées évoquant l’histoire et la culture du lieu.

Catulle, le célèbre poète latin dont la famille possédait une villa à Sirmione, fut le premier à rester fasciné par la beauté du lac de Garde. Plusieurs poètes et écrivains de différentes époques ont rendu hommage au lac, notamment Dante Alighieri, Goethe, Ugo Foscolo, Lord Byron et Henry Stendhal. Sans oublier Giosuè Carducci et Gabriele D’Annunzio, James Joyce, Ezra Pound et Franz Kafka qui séjourna à Desenzano et à Malcesine entre 1909 et 1913. 

Sirmione

À la pointe de la péninsule qui porte son nom, au Sud du lac de Garde, Sirmione est une importante station de villégiature depuis le temps des romains. Aujourd’hui, station thermale réputée, en particulier pour le traitement des voies respiratoires, Sirmione ne manque pas d’attraits avec sa  forteresse Scaligera, l’église Santa Maria Maggiore et la grotte de Cattullo dont le nom vient du poète romain Caius Valerius Catullus (Ier siècle AJC). C’est la plus vaste des villas romaines du nord de l’Italie, édifiée entre le Ier siècle avant notre ère et le siècle suivant par la riche famille véronaise des Valerii.

César aurait séjourné dans cette villa mais aussi Dante, Boito, Carducci ou encore Virgile. Dominant le lac ainsi que les plages alentours, les vestiges produisent un paysage surprenant depuis les côtes de Sirmione. De nos jours, les oliviers ont pris possession du domaine et les touristes ont envahi les plages.

Plus d’infos sur le site internet. Tarif : 8€ l’entrée / personne.

Le château de Scaligera datant du XIII ème siècle et le parc de Maria Callas situé face à la villa où résida la diva de l’opéra classique dans les années 50 sont méritent le détour si vous souhaitez découvrir l’art italien du moyen-âge (tableaux, tapisseries et sculptures murales). Maria Callas adorait cet endroit qu’elle appelait son petit paradis, et qu’elle quitta pour vivre avec l’armateur Onasis.

En longeant la promenade de Via Verona vous aurez le choix parmi plusieurs plages, les plus connues étant celles de Lugana Marina, Lido di Lugana, Lido Galeazzi et la plage des Muses.

Comment y aller

Accessible en bateau depuis le port de Desenzano del Garda ou en voiture jusqu’à l’entrée de la ville, Sirmione se trouve côté sud du lac de Garde, à 130 km de Milan et 40 km de Vérone.

Garda

La petite ville de Garde est une jolie station balnéaire sur la côte est du Lac de Garde, dans le nord-est de l’Italie, coté Vénétie.

Coté visites, les villas Carlotti et Albertini sont des incontournables. La villa Albertini, à proximité de la route de Punta San Vigilio, possède un immense parc avec des temples, des serres, des kiosques et des fontaines.

Au XVI ème siècle, les Fregoso faisaient partie des familles les plus importantes et influentes de la région. Cesare Fregoso (1500-1541) fit construire un somptueux palais à Garda où il recevait de nombreux artistes. Parmi ceux-ci, l’écrivain Matteo Bandello (1485-1561) tient une place à part. Plusieurs histoires écrites par ce dernier auraient été «adaptées» par William Shakespeare dont « Roméo et Juliette ».

A ne pas rater le Parco Baia delle Sirene. Au coucher du soleil avec un cocktail, l’endroit est très charmant.

Torri del Benaco

La ville de Torri del Benaco se trouve en bord du lac à quelques km au Nord de Garda. L’histoire de la ville remonte à l’époque romaine, mais la plupart des bâtiments actuels illustrent parfaitement l’architecture du XIVe au XVIIIe siècle. La vieille ville est cernée de remparts et de tours historiques qui ajoutent à son charme.

Pour découvrir la ville, rien de mieux que déambuler dans les ruelles étroites du centre historique. L’endroit invite à flâner et vous serez tentés de vous arrêter souvent pour faire des emplettes : quelques bijoux artisanaux par-ci, quelques articles de céramique artisanale par là (nous avons craqué sur un grand saladier et des bols peints à la main) ou une petite collation aux saveurs italiennes.

Desenzano

Crédit photo Italythisway

Desenzano del Garda est une ville dynamique et animée, plus grande ville sur les rives du Lac de Garde.

C’est là que nous avons élu domicile pendant 3 jours, au Palace Hotel. Les chambres sont spacieuses avec une décoration un peu trop classique à mon goût, voire vieillotte. Coté  budget, comptez 200€ / nuit avec petit déjeuner continental. J’ai été déçue, car au vu du prix et des photos sur leur site, je m’attendais à beaucoup mieux. L’établissement possède 2 piscines, dont une piscine d’eau de mer installée sur le toit. Pour avoir accès à cette dernière, il faut payer en plus :(.

Dans le centre, les piazzas sont agréables à parcourir à pied. Les cafés qui débordent sur les places invitent à se poser prendre un verre et admirer la vue. Pas loin de la Piazza Malvezzi, on trouve la cathédrale Santa Maria Maddalena, facilement reconnaissable à sa façade baroque et aux décorations Renaissance de son intérieur.

 

Salo

Salo est située dans une crique naturelle à l’extrémité sud de la Gardone Riviera et à l’ouest du lac de Garde. C’est une ville tranquille dans un cadre d’une beauté intense avec le mont San Bartolomeo d’un côté et les eaux calmes du lac de l’autre.

Et elle ne manque pas d’allure : magnifiques bâtisses, palais, belle promenade le long de l’eau. Avec Sirmione, c’est mon coup de coeur sur le Lac de Garde. ❤️❤️❤️

Salò jouit d’une longue histoire qui remonte à l’époque romaine. Dans les années 1940, il s’agissait de la capitale du gouvernement fasciste de la République sociale italienne. On pense par ailleurs que Gasparo da Salò, l’inventeur du violon, serait né ici.

Limone sul Garda

Juché au nord-ouest du lac, Limone est, comme son nom l’indique, célèbre pour ses citrons. On y produit également de l’huile d’olive. C’est un village typique et pittoresque, qui a conservé son âme de village de pêcheurs, surtout autour du port de plaisance et en dehors de la saison estivale quand des hordes de touristes se pressent aux bords des bateaux. Nous y étions début septembre et il y avait encore beaucoup de monde.

Evitez les restaurants sur la place en face du lac, on a tenté un déjeuner dans un joli restaurant qui avait pignon sur rue, mais, à part la vue, il n’y a rien eu de positif dans cette expérience. Les plats étaient fades et du coup, pas la peine de vous le noter ici.

Arco

La ville d’Arco est située à l’extremité nord du Lac de Garde, surplombée par un château. Selon certaines sources, la construction du château d’Arco date du Moyen Age et aurait été érigé par les habitants d’Arco devenant quelques temps après la propriété de la famille des comtes d’Arco, qui a dominé ces terres. Le château fut abandonné au cours du XVIIIe siècle après la prise de pouvoir des Français en 1703. L’église collégiale de l’Assomption date du XVIIème siècle.

Comment y aller

  • Par la route
    La plus rapide option, serait d’emprunter l’autoroute depuis Vérone.
  • En bus
    Plusieurs lignes depuis Vérone. Site internet de la compagnie ATV : www.atv.verona.it

Italie, road trip de rêve au Lac de Côme

« Je ne connais pas de contrée plus manifestement bénie du ciel ; je n’en ai point vue où les enchantements d’une vie d’amour paraîtraient plus naturels ». Franz Liszt décrit avec des mots enflammés le Lac de Côme, où il vécu une idylle avec la comtesse Marie d’Agoult en 1837. Son séjour sur les rives du Lac lui inspira notamment sa célèbre Sonate à Dante

Vue de la Villa Monastero, Varenna

« Rien d’aussi beau ne peut se voir au monde,
du moins pour mon coeur.
A quoi bon aller si loin chercher le bonheur,
il est là sous mes yeux ! »

La Chartreuse de Parme-  Stendahl

Le « lac sublime » de La Chartreuse de Parme de Stendhal a déchaîné, à travers les siècles, les passions. Pline l’Ancien, Flaubert, Fitzgerald, Verdi, Luchino Visconti, Liszt, Maria Callas et, plus récemment, George Clooney, ont été séduits par le « Lario« , nom italien du lac. 

Lieu fréquenté par les aristocrates depuis l’époque romaine, le lac est toujours une destination touristique privilégiée. Aujourd’hui encore, avec un climat d’une grande douceur, des villas patriciennes agrémentées des jardins magnifiques et d’adorables villages de pêcheurs nichés au pied des montagnes, le 3e plus grand lac d’Italie, continue à subjuguer les voyageurs.

Le Lac de Côme se trouve en Lombardie, dans le nord de l’Italie, à environ 45 km au Nord de Milan, Avec une profondeur maximale de 418 m, un pourtour de 170 km et une superficie de 145 km2 , le lac est adossé aux contreforts des Alpes. Il a la forme d’un Y renversé, avec trois fines branches qui se rejoignent à la station balnéaire de Bellagio. 

A mon sens, le lac de Côme est particulièrement agréable à découvrir au printemps ou à l’automne, quand la nature le pare de ses plus beaux atours et loin de la saison touristique. J’ai eu la chance d’y aller deux fois, en mai 2013 et en septembre 2020 et je suis toujours sous le charme de son fascinant paysage aux milles nuances: eaux vertes et turquoises, reliefs aux parois rocheuses recouvertes de forêts, villages bâtis de pierres, des jardins exceptionnels …

La seule formation insulaire du lac est l’île Comacina, au passé prestigieux. Au Moyen Âge, l’île était une forteresse indépendante, mais dès nos jours il ne subsiste que quelques bâtiments, dont l’église du XVIIe siècle de San Giovanni et l’auberge avec restaurant attenant où séjourna Alfred Hitchcock.

Côme

Habitée depuis l’âge du bronze, la ville de Côme fut fondée par les Romains au IIe siècle avant notre ère sous le nom de Novum Comum. Les célèbres Romains Pline l’Ancien et Pline le Jeune y naquirent. Aujourd’hui, avec ses 83 000 habitants, c’est la ville la plus importante de la région du lac.

Par ailleurs, c’est un bonne porte d’entrée pour visiter le lac de Côme en arrivant de Milan par la autostrada dei laghi. Son vieux centre, entouré de remparts, est entièrement piétonnier.

Autrefois mondialement réputée pour son commerce de la soie, depuis les années 1990, c’est le tourisme qui fait vivre la ville. Construit du XIVe au XVIIe siècle, le Duomo de la cathédrale Santa Maria Assunta avec son magnifique portail Renaissance, est un chef-d’œuvre de l’art lombard. Autre mention spéciale pour la Piazza San Fedele avec ses maisons médiévales et son église du XIIe siècle.  

Un peu à l’écart du centre, le musée de la Soie mérite le détour. Il retrace les techniques et l’histoire de la production de la soie, dont Côme est la capitale en Italie depuis le XVIe siècle. Aujourd’hui encore, il reste plus de 400 entreprises spécialisées dans la teinture et l’impression.

Si vous avez le temps, prenez le funiculaire jusqu’à Brunate, pour avoir une vue unique sur le lac de Côme et la ville du même nom. De notre côté, comme le temps était gris, nous avons préféré prendre une glace à  Gelateria Guidi  que je recommande les yeux fermés, ma glace était délicieuse.

Cernobbio

De Côme, vous pouvez visiter le littoral occidental. A quelques kilomètres au Nord se trouve Cernobbio, petite ville renommée pour ses magnifiques demeures de luxe: Villa d’Este, Villa Erba, Villa Bernasconi et bien d’autres.

C’est à la Villa d’Este (du XVIe siècle) où Alfred Hitchcock  réalisa le célèbre film « Le jardin du Plaisir » . Aujourd’hui, elle est devenue un hôtel de luxe, un des plus renommés sur le Lario. La Villa Erba est aussi classée parmi les plus importantes villas situées sur le lac du XIXe siècle.

Quant à nous, on a adoré l’ambiance provinciale de la ville, tranquille mais élégante et sa belle promenade en bord de lac. Comme Cernobbio se situait à 10 minutes de notre hôtel, ce sont surtout ses restaurants que nous avons essayé. Nous avons pris un déjeuner et deux dîners dans trois adresses différentes et toutes excellentes. J’y retournerais dès demain !

Avec une autre adresse fétiche à Varenna, vous trouverez ci-après nos coups de coeur culinaires de cette escapade italienne (Lac de Garde compris).

Osteria del BEUC, c’est là que nous avons déjeuné un jour pluvieux des bonnes pâtes et excellente charcuterie. Une cuisine locale, des produits frais, côté déco, c’est assez simple et typique du coin, mais bon, nous y sommes allés pour la cuisine :).

Pızza(ODABAŞI), cette adresse se trouve à un deux minutes de l’Osteria del Beuc, malheureusement je n’ai pas trouvé de site internet. Nous l’avons trouvé un peu par hasard la veille à midi quand on cherchait un endroit pour déjeuner et on avait hésité entre les deux. Finalement on y est retournés deux jours après pour un dîner sur la terrasse, et l’entrée, plats et desserts, tout était bon.

La pizzeria Della Torre, meilleure pizza sans aucun doute autour du lac de Côme (enfin, de ce que nous avons testé). Charcuterie en entrée et ensuite deux pizzas différentes, le tout était excellent ! Il faut réserver en avance, le restaurant était plein à craquer, la plupart des clients étaient des locaux.

Moltrasio

C’est là que nous avons élu domicile pendant 4 jours, dans le magnifique Grand Hotel Imperiale qui fût une belle surprise. Récemment rénové, la chambre très grande, lumineuse et joliment décorée, la hall d’entrée, le jardin, la salle du petit déjeuner, la piscine, tout était beau. Coté budget, comptez 450€ sans petit déjeuner, mais l’endroit est vraiment exceptionnel et le service est au top. Un vrai 4 étoiles, à la française.

J’ai trouvé que Moltrasio était particulièrement bien situé pour visiter la Villa Balbianello et la Villa Carlotta, pour visiter Cernobbio et Como et même aller jusqu’à Menaggio d’où on a pris le bateau pour Varenne et Bellagio.

Plus au nord, il y a Laglio, charmant et tranquille village, où se trouve la demeure de George Clooney pour les curieux. C’est mignon, il y a un restaurant connu et la maison de Mr Clooney, c’est à peu près tout. Suivent Argegno, avec son centre du Moyen Age, Tremezzo et Menaggio.

Villas et jardins de rêve

Avec ses paysages grandioses et son climat agréable, le lac de Côme devient dès la Renaissance le lieu de villégiature privilégié des grandes familles milanaises. Elles font alors bâtir de somptueuses demeures, inspirées des palais toscans et des villas patriciennes de la Rome antique. Au XVIIIe et XIXe siècle, Côme passe pour le « Versailles italien ».

Des jardins somptueux prolongent le faste des palais, à la mode italienne (classique et géométrique) ou anglaise (romantique et proche de la nature). Camélias, rhododendrons, azalées, magnolias, palmiers y composent une symphonie de parfums et de couleurs. Et à mon avis, les villas sont certes magnifiques, mais ce sont surtout les jardins qu’il faut visiter, ils sont fabuleux!

Ci-après, je vais tenter de vous donner un aperçu en photos et de vous décrire ce qui vous attend sur les rives du lac.

Villa Balbianello

La Villa Balbianello a été certainement ma visite préférée de cette escapade au bord du lac de Côme. Conjuguant architecture éblouissante et panorama sur le lac, c’est l’un des plus beaux sites du lac de Côme.

Édifiée par le cardinal Angelo Durini en 1787, la Villa Balbianello fut occupée par le commandement allié à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour découvrir l’intérieur, il faut se joindre à une visite guidée (10 personnes maxi), mais je vous assure que cela vaut la peine. La villa renferme aujourd’hui les collections de son dernier propriétaire, le comte explorateur Guido Monzino. C’était un personnage assez excentrique et on découvre des portes et escaliers secrets ainsi qu’un ascenseur : la villa était construite sur 5 étages. Collectionneur et explorateur, il a rempli sa demeure d’œuvres d’art et de souvenirs de ses aventures en Afrique, dans l’Himalaya et dans les régions polaires, des sculptures mayas…

Et le clou du spectacle, ce sont les magnifiques jardins sculptés, auxquels Monzino rendit leur splendeur. Nichée sur la pointe d’une presqu’île, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme incroyable de cette villa : un emplacement idéal au milieu du lac de Côme d’où on a une vue absolument fantastique.

Pour accéder à la villa, deux possibilités : soit à pieds par un chemin de 1 km traversant une végétation particulièrement luxuriante, soit en prenant un bateau-taxi depuis Lenno. Je vous invite d’ailleurs à regarder un extrait de l’émission Des racines et des ailes ci-après.

Pour les fans de Star Wars, vous allez reconnaître la Loggia, lieu de tournage des scènes d’amour entre Padmé Amidala et Anakin Skywalker sur la planète Naboo (Star Wars – l’attaque des Clones)

De l’autre côté de la villa, un immense balcon-jardin vous attend avec des roses tout le long du bord. Cette partie du jardin est connue par les amateurs des James Bond puisque des scènes de Casino Royale ont été tournées ici.

Informations utiles

  • La Villa Balbianello est ouverte de 10 heures à 18 heures – Fermée le lundi et le mercredi – Transfert en bateau : 7 euros par personne – La visite du jardin et la visite guidée de la maison : 22 Euros
  • Quand : au printemps ou à l’automne de préférence
  • Où : A Lenno sur le bord du Lac de Côme, branche sud ouest.

Tremezzo

Après la visite de Balbianello, en poursuivant le long de la côte, vous allez arriver à Tremezzo et sa Villa Carlotta, connue pour ses jardins en terrasses et son musée qui conserve des œuvres précieuses d’Antonio Canova de Thorvaldsen et d’Hayez.   

La ville de Tremezzo – qui signifie « terre du milieu » offre une belle vue sur Bellagio. Cette ville empreinte d’histoire accueillait jadis les grandes familles européennes – Charlotte de Prusse – à la recherche de calme et de soleil.

Villa Carlotta

La Villa Carlotta est réputée pour son jardin botanique à l’italienne d’une superficie de 7 hectares, dont l’apogée de la floraison a lieu début mai. La villa est un palais néo-classique de la fin du XVIIᵉ siècle qui a été transformé en musée d’art. 

S’élevant sur les bords du lac de Côme, la villa a été construite à la fin du XVIIe siècle par les marquis Clerici de Milan. En 1801, la propriété passa à Giovanni Battista Sommariva, à l’époque président du Comité de Gouvernement de la République Cisalpine (1797-1802) instituée par Napoléon Bonaparte en Italie du nord. Presque 50 ans après, la Princesse Charlotte (1831-1855) et son époux, le duc Georges II de Saxe-Meiningen (1826-1914) deviennent les nouveaux propriétaires de la villa. Durant la Première guerre mondiale, la villa fut confisquée par l’État italien et confiée en gestion à la Fondation Villa Carlotta.

Chaque propriétaire a laissé son empreinte sur la villa: Sommariva était passionné par la sculpture et il a enrichi le patrimoine de la villa avec d’œuvres d’Antonio Canova et de Berthel Thorvaldsen. Quant à la Princesse Charlotte et Georges II, ils ont enrichi le parc avec de nombreuses et rares essences botaniques que nous pouvons admirer encore aujourd’hui.

Explosion de couleurs à la Villa Carlotta

En entrant dans le jardin, vous allez tomber nez à nez avec un magnifique bassin, puis vous monterez les escaliers afin de rejoindre les terrasses d’où il y une vue imprenable sur tout le lac de Côme. Mais le plus remarquable dans cette visite de la villa Carlotta reste son jardin botanique grandiose dans lequel vous pouvez facilement déambuler pendant des heures afin d’admirer les milliers d’espèces rares ou même tropicales.

Menaggio

Un peu plus au Nord de Tremezzo, le village très photogénique de Menaggio mérite une halte, avec sa promenade sur la rive d’où on aperçoit Varenne et Bellagio. La ville est connue pour avoir su préserver son architecture médiévale et des vestiges de son ancien château.

Bellagio / Jardins de Villa Melzi

Sur l’autre rive, à Bellagio, les jardins de la Villa Melzi ont enchanté Stendhal (d’ailleurs on aperçoit la Villa Melzi depuis la Villa Carlotta!) et ont inspiré Franz Liszt lors de son séjour à Bellagio en 1837.

Le sobre bâtiment néoclassique a appartenu à Francesco Melzi d’Eril, Grand Chancelier du royaume d’Italie et collaborateur de Napoléon. Côté sud, vous allez apercevoir une petite chapelle.

Au centre des deux branches sud du lac, Bellagio est surnommée la « Perle du lac de Côme ». Fondée par Jules César en 59 avant notre ère, les Romains y ont implanté la culture d’oliviers et érigé des villas de villégiature.

De nos jours, il est agréable de se perdre dans les dédales de ruelles colorées du vieux centre, en admirant des charmantes et uniques demeures, entourées de superbes parcs et encadrées par des paysages ravissants. Même le président américain,  J. F. Kennedy y a passé une journée. 

Les plus connues de ses élégantes villas aristocratiques sont la Villa Serbelloni et la Villa Melzi, célèbre pour son charmant jardin botanique. Nous avons fait le choix de visiter que la Villa Melzi.

Varenna / Villa Monastero

Varenna, l’un des villages les plus beaux et colorés de tout le Lario est une destination touristique réputée pour la Villa Monastero et son jardin botanique adjacent. Et c’est mon village préféré de tout ce qu’on a fait comme visite au Lac de Côme et au Lac de Garde. Il a un charme fou avec ses ruelles escarpées héritées du Moyen Âge (les contrade), sa passeggiata en bord de lac et ses sentiers qui s’élancent vers les sommets. Il a même un petit air d’un village des Cinque Terre, mais échoué sur les rives du lac de Côme.

De Varenna, vous pouvez grimper jusqu’au Castello di Vezio, juché sur un piton rocheux.

À Varenna même, ne ratez surtout pas les jardins de la Villa Monastero  qui forment une élégante promenade au bord de l’eau, ponctuée de massifs floraux et de statues à la mode antique. Avec la Villa Balbianello du côté de Tremezzo, ce sont mes jardins préférés. Enfin, je vous mets les photos ci-après pour vous montrer ce qui m’a séduit à Monastero.

La Villa Monastero est en fait un vieux couvent cistercien du XIIIe siècle qui fut transformée en résidence noble au XVIIe siècle. Le parc a été agrandi à la fin du XIXe siècle et sa forme finale date de 1904, en pleine époque art-nouveau. La Villa est entourée des hauts cyprès, des palmiers et autres plantes exotiques et est superbement posé au bord du lac, en offrant une panorama à couper le souffle. Personnellement, j’ai trouvé que c’était le décor le plus photogénique au bord du Lac de Côme.

Villa Monastero

Et je ne peux pas vous parler de Varenna sans partager une belle adresse avec vous, un restaurant situé sur une petite place tranquille, avec les meilleurs Linguine alla vongole (Pâtes aux palourdes) que j’ai mangé ! Le restaurant s’appelle Al Prato, je vous conseille soit d’arriver tôt, soit de réserver.

Côté pratique

Quelques adresses utiles

Villa Balbianello

Villa Carlotta

Villa Melzi

Villa Monastero

Office du tourisme italien (ENIT)

Office du tourisme du lac de Côme

Comment y aller ?

– En avion : vols directs pour Milan Malpensa et Milan Linate avec Alitalia et Air France au départ de Paris, Lyon, Marseille, Nice…

– En train : TGV quotidiens vers Milano Centrale au départ de Paris, Lyon, Dijon et Chambéry.

Trains de Milano Centrale vers Como, Lecco et Varenna. 

En voiture : nous sommes partis en voiture de Marseille, il y environ 560 km jusqu’à Moltrasio, où il y avait notre hôtel. Nous avons fait une pause à mi-chemin, à San Remo pour déjeuner et se balader un peu. Le nombre de km ne paraît pas très important, mais à noter que les autoroutes italiennes ne sont pas à 130km / h, il y a pas mal de travaux et souvent on roule à 100/h maxi … Finalement, le Lac de Côme est à 6H00 de Marseille.

Quand y aller ?

Les meilleures saisons sont le printemps (mai-juin) pour la floraison des jardins et l’automne avec de belles couleurs en septembre et surtout octobre.

⚠️ beaucoup d’établissements ferment de la mi-novembre à mars.

Se déplacer 

– Par la route : possibilité de prendre le bus, il y a plusieurs lignes au départ de Côme vers les localités du lac. Pour plus de liberté, on conseille de louer une voiture, mais attention, les routes sont étroites et sinueuses ! Ferry pour voitures entre Menaggio, Varenna, Bellagio, Cadenabbia.

– En bateau : de loin le meilleur moyen de visiter le lac. Toutes les villes sont reliées à Côme, mais les fréquences sont plus importantes avec le centre du lac (Menaggio, Bellagio, Varenna…). Infos sur www.navigazionelaghi.it 

Quant à nous, on a visité la côte Ouest du Lac, de Cernobbio à Menaggio en voiture, et de Menaggio on a pris le bateau pour faire Varenna et Bellagio, la traversée dure moins d’une demi-heure.

A la découverte du sentier des ocres à Roussillon et rendez-vous de charme à Cucuron, Luberon

Cucuron

Bienvenue à Cucuron, un joli point de départ pour sillonner le Luberon. En cette fin de juillet, nous avons opté pour une journée à la cool, après un petit déjeuner tardif et cette fois-ci, visite avec des amis et non pas en amoureux. J’adore faire découvrir la région à mes amis, c’est l’occasion d’avoir un regard neuf et aussi de découvrir des endroits auxquels on n’aurait pas pensé de premier abord.

Pour cette quatrième incursion dans le Luberon, on a choisi de commencer par Cucuron, car le nom du village nous intriguait. Et on a découvert que l’origine de son nom vient de la situation géographique du village qui est bâti sur deux mamelons, en celte : « cuc = mamelon ».

Au vu de notre départ tardif de Marseille, nous sommes arrivés sur Cucuron à l’heure du déjeuner et après avoir admiré la place du village avec son joli étang, nous nous sommes laissés tentés par les effluves délicieuses émanant de la cuisine du MatCha. Et je peux dire qu’on a eu du flair, l’entrée, plat, dessert, tout était délicieux!  Le guide Gault&Millau a récompensé dès la première année le travail du chef Mathieu Charrier. Le menu reste accessible et proche du marché de saison : fleurs de courgettes farcies au fromage de chèvre, maigre en aïoli cromesqui de moules, pappardelles au ragoût de boeuf, dans une formule complète à 35 €. Mon dessert ci-après, c’est un riz au lait et coulis de mangue, une tuerie!

Après le déjeuner, nous sommes partis à la découverte du vieux village de Cucuron, qui a servi de décor pour plusieurs films :

Le Hussard sur le Toit en 1994 (également tourné à Sivergues, Banon, Redortier, Noyer), Un Oranger pour Deux en 2001, Un Eté de Canicule en 2003 (également tourné à Bonnieux et Ménerbes), et enfin, le plus connu à mon sens, Une Grande Année (A Good Year) en 2005, de Ridley Scott.

Les incontournables de Cucuron

Charmant petit village typiquement provençal, Cucuron se découvre à pas, au fil des ruelles. Nous avons beaucoup aimé le bassin de l’étang entouré des cafés et restaurants et bordé de platanes bi-centenaires, les enceintes fortifiées, les maisons nobles du XVIIe siècle, la Tour de l’Horloge et l’église Notre-Dame-de-Beaulieu (XIIIe), les vestiges de son château et du donjon Saint-Michel.

Du donjon, vous allez avoir un superbe panorama sur les toits du village et la campagne environnante et c’est sans doute ce que j’ai aimé le plus de cette balade, le calme et la sérénité que dégage cet endroit. Là-haut, le panorama se dévoile et on aperçoit à l’horizon la montagne Sainte-Victoire, chère à Cézanne, les Alpilles de Daudet et enfin, au loin, les Alpes de la Provence de Giono !

Un peu d’histoire

Le village actuel de Cucuron date de 1004. Il était alors situé sur la colline St Michel, « le castrum ». La peste de 1720 anéantit un tiers de la population et trois siècles après, l’exode rural et la guerre de 1914 accentuent le dépeuplement du village. Enfin, à partir des années 60, le village attire de nouveaux habitants et des visiteurs grâce à sa qualité de vie.

Roussillon et le sentier des ocres

Avec ses ruelles en escalier, ses places fleuries et ses façades colorées, les ocres s’affichant sur tous les murs, le village de Roussillon est classé parmi les Plus Beaux Villages de France.

Les façades des maisons recouvertes de différentes nuances d’ocres dans les tons jaunes, oranges, rouges démarquent totalement Roussillon des autres villages du Luberon. Quelle belle surprise lorsque l’on a découvert ce village coloré au cœur du Luberon jalonné de vignes, de champs de lavande et d’oliviers!

Pour l’anecdote, Roussillon a terminé en 3ème position dans la célèbre émission « Le village préféré des Français » de Stéphane Bern en 2018 et il n’a pas volé son titre, la preuve en images ci-après.

La rue centrale qui conduit au sommet du village est bordée de galeries d’art, de boutiques de produits provençaux et de jolies maisons des XVIIe et XVIIIe siècles. En haut, l’église Saint-Michel jouxte un belvédère avec un panorama magnifique sur la vallée du Luberon.

Vue du belvédère

Le sentier des ocres

Après la visite du village, nous sommes partis à la découverte du Sentier des Ocres en plein coeur du village. Alors, je ne sais pas si c’est un hasard, mais il y a quelques années en arrière, j’avais visité le Colorado Provençal avec la même copine et comme en cette fin d’après-midi de juillet, il a plu pendant une quinzaine de minutes! Pareil que la dernière fois, lorsque nous étions déjà dans le parc 😂! Coïncidence ou pas, cela ne nous a pas empêchés de bien profiter de la balade.

Les paysages sont spectaculaires et se dévoilent dès l’arrivée. L’ocre est partout, avec des variations de couleurs naturelles, ses paysages façonnés par l’eau, le vent et l’homme.

Le site du Sentier des ocres est en fait une ancienne carrière d’ocre à ciel ouvert qui n’est plus exploitée. Il y a deux parcours qui permettent de visiter le site, l’un de 30 minutes et l’autre d’environ 60 minutes. Nous avons choisi le parcours le plus long car il permet d’accéder à la magnifique chaussée des géants.

La balade commence par un escalier qui descend au coeur de la carrière et qui offre un premier panorama assez spectaculaire. Les couleurs sont tellement intenses qu’elles semblent presque irréelles et le contraste entre le rouge des roches et le vert des arbres est saisissant ! Je vous laisse apprécier par vous-même.

Visiter le sentier des ocres : informations pratiques

Le site est ouvert tous les jours, sauf lors de la fermeture annuelle du 9 janvier au 8 février inclus. 

Le tarif est de 3€, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans.

Pour préparer votre séjour dans le Luberon : Office de tourisme et Luberon.fr.

L’origine des Ocres de Roussillon

Il y a 230 millions d’années, la Provence est recouverte par la mer et le restera pendant une très longue période. Ce n’est qu’aux alentours de -100 millions d’années que se produit un bouleversement important. Après une longue période de vie marine, suite à des mouvements du sol, la Provence sort enfin de l’eau. Il faut imaginer qu’à cette époque, le climat y est tropical et des pluies diluviennes lessivent les sables verts fraîchement émergés du nouveau continent, les transformant lentement en sables ocreux, puis en sables blancs.

En surface, l’hydroxyde de fer se concentre pour former une cuirasse ferrugineuse. Quant à la couleur rouge, jaune ou orangée de ces sables ocrés, elle garde encore une partie de son mystère.

L’exploitation de l’ocre

Connue depuis la préhistoire, l’ocre est exploitée depuis l’occupation de la Provence par les Romains et est devenue un produit industriel grâce au Roussillonnais Jean-Étienne Astier à la fin du XVIIIe siècle. C’est lui qui a eu l’idée de laver les sables pour en séparer le pigment.

Six entreprises d’ocre à Roussillon employaient 1 500 ouvriers et l’extraction se faisait au départ à l’aide de pics, de barres à mine et parfois même à l’explosif. A elle seule, l’usine Mathieu (Ôkhra) produisait environ 1000 tonnes d’ocre par an entre 1921 et 1963, mais l’arrivée des colorants synthétiques en 1952 met fin à l’ère de l’ocre.

Si autrefois, c’était la main de l’homme qui avait transformé le paysage roussillonnais, de nos jours, c’est l’érosion due aux éléments naturels qui poursuit le travail des ocriers.

Et si vous avez aimé cet article sur le Luberon et vous avez envie de découvrir d’autres beaux villages, je vous invite à consulter les articles suivants sur Menérbes, Lacoste, Bonnieux et sur Gordes:

Sur les routes du Luberon, à la découverte des plus beaux villages provençaux

Gordes, un des joyaux du Luberon

Destination Calanques de Cassis Marseille et leurs cinquante nuances de bleu

En visite à Marseille ou sur la Côte Bleue, le Parc National des Calanques est incontournable pour saisir la beauté de la région. C’est l’un des plus beaux endroits à découvrir autour de Marseille sans aucun doute. Le bord de mer entre Marseille et Cassis est un des plus beaux en France, le Parc National des Calanques offrant un site naturel exceptionnel: une eau translucide aux mille nuances de bleu, une succession de criques et des falaises de calcaire impressionnantes, une flore typique méditerranéenne …

Les noms des calanques sont une invitation au voyage: En Vau, Sugiton, Port Pin, Sormiou, etc. Plus belles les unes que les autres, le plus compliqué sera de choisir laquelle ou lesquelles visiter !

En effet, vu la taille du Parc National des Calanques, vous ne pourriez pas tout voir sur une journée et même un week-end sera trop court. Le massif des Calanques se déroule sur plus de 20 kilomètres de la pointe de Marseille aux Goudes en passant par Cassis jusqu’au Bec de l’Aigle de La Ciotat et compte 26 calanques.

Le mot calanque désigne une vallée creusée par une rivière, puis récupérée par la mer.

Crédit carte : Calanques 13

Le Parc National des Calanques est assez récent puisqu’il n’a été créé qu’en 2012 et c’est le premier parc national périurbain d’Europe et le 3e au monde après celui du Cap en Afrique du Sud et celui de Sidney en Australie.

Quelques chiffres

Cœur terrestre : 8 500 hectares répartis sur 3 communes: Marseille, Cassis et La Ciotat 
Cœur marin : 43 500 hectares 
Biodiversité : 140 espèces terrestres animales et végétales protégées
Fréquentation : environ 2 millions de visiteurs à terre et en mer par an.

La Calanque de Port Miou

La Calanque de Port-Miou est la plus accessible des Calanques, une fois descendus sur le petit port, vous y êtes déjà. Sur environ 1km on trouve deux pontons pour accéder aux bateaux et ensuite la calanque redevient naturelle.

Autrefois, c’était la plus belle des Calanques de Cassis, plus profonde que celle d’En Vau et on y pêchait des crevettes grises! Mais l’exploitation de calcaire de la carrière Solvay (de 1900 à 1981) a changé le paysage à jamais et les falaises au bord de l’eau sont les témoins des dégâts faits. Le calcaire était extrait à la dynamite puis concassé pour pouvoir être chargé sur les bateaux. Le calcaire était ensuite utilisé pour la fabrication de la chaux. Heureusement, depuis la fermeture du site, la nature a repris ses droits!

La Calanque de Port Pin

Située entre Port Miou et En Vau, la calanque de Port Pin est très prisée pour sa beauté, mais aussi par son accessibilité. La Calanque de Port Pin n’est pas très encaissée, avec des falaises basses, une plage de galets et de sable et des nombreux pins d’Alep.

La calanque de Port Pin est accessible en 25 minutes de marche depuis la calanque de Port Miou.

La Calanque d’En-Vau

La calanque d’En Vau est connue pour être la plus belles des calanques et elle est certainement la plus belle que j’ai fait cette semaine là ! Elle est grandiose, avec ses hautes falaises qui plongent dans une mer aux nuances allant du vert au turquoise. Un vrai paradis, mais hors de la saison! J’insiste vraiment là-dessus, car j’y étais déjà allée en juin, il y a une quinzaine d’années, et je ne vous dis pas le choc que j’ai eu ce juillet! Il y avait tellement du monde à 9H30 du matin que j’ai cru m’être trompée d’endroit! Et à midi, quand je suis repartie, il y avait vraiment une foule de personnes sur la plage. Le bon coté, la grande majorité des personnes restent au bord de la plage, ce qui veut dire que si vous vous éloignez de 20 mètres dans l’eau, vous avez la calanque et ses milles nuances de bleu que pour vous.

La Calanque d’En-Vau étant très prisée par les locaux et les touristes, je vous recommande d’y aller tôt, avant midi et vous l’avez compris, hors saison.

Pour accéder à la calanque d’En Vau en marchant, vous devez prendre le sentier au départ de la calanque de Port Miou. Vous passerez forcément par la calanque de Port Pin. Comptez environ 1h30 jusqu’à En Vau, cela dépend de votre forme physique. Le sentier est facile jusqu’à Port Pin (30 minutes), ensuite la marche s’avère plus sportive jusqu’à En Vau.

Il y a un autre chemin d’accès, par la départementale 559 (la route de la Gineste) qui va de Marseille à Cassis. Celui-ci se trouve en face du camp militaire de Carpiagne.

Dernière option, il est aussi possible de rejoindre assez facilement la calanque en kayak depuis Cassis (environ 1h).

🚗 Il y a un parking à Port Miou, mais il faut arriver avant 8H30 pour être certain d’avoir une place en haute saison. Comptez 8€ pour la journée. Sinon, vous pouvez également vous garer dans les rues aux alentours comme nous avons fait.

La route des crêtes

Lorsque vous visitez les Calanques, il y a une très belle route touristique qui relie Cassis à La Ciotat à ne pas manquer! Elle serpente le long de la ligne des crêtes du massif du Cap Canaille. N’hésitez pas à faire halte aux belvédères aménagés le long de la route afin de prendre le temps d’admirer ces falaises tombant à pic dans le bleu de la Méditerranée.

⚠️ La route des crêtes peut être fermée suivant la météo (vent).

La Calanque de Figuerolles, La Ciotat

Pour se rendre à la calanque de Figuerolles il y a un petit parking à 5 minutes de marche, mais je vous conseille d’arriver tôt pour avoir une place. L’accès à cette calanque est très charmant, avec des marches ombragées et vous longerez un restaurant avec une jolie terrasse surplombant la mer.

Comparée aux autres calanques dont je vous parlais dans l’article, la Calanque de Figuerolles n’est pas aussi jolie, mais je trouve qu’elle a son charme. Comme toutes les calanques, à découvrir le matin si vous souhaitez éviter la foule.

Les calanques de Cassis Marseille en une journée

Alors, si vous avez qu’une journée à disposition, le mieux sans doute est de prendre un bateau depuis le port de Cassis et faire une mini croisière qui vous fera découvrir les plus belles calanques.

Et si vous préférez marcher, je vous conseille l’un de ces 2 itinéraires de randonnées:

  • Morgiou, Sugiton et Sormiou
  • Port Miou, Port Pin et En Vau

Une chose est certaine, peu importe le temps et la façon pour laquelle vous optez pour découvrir les Calanques, vous allez prendre plein la vue!

Quelques conseils pour visiter les Calanques de Cassis en toute sérénité

  • Pour éviter le monde (surtout en haute saison), levez-vous de bonne heure pour profiter du calme des calanques
  • Prévoyez de la crème solaire
  • Pensez à prendre beaucoup d’eau
  • Prenez des chaussures de marche
  • Si vous aimez faire du snorkeling, prenez votre masque
  • Enfin, n’oubliez pas que vous êtes en pleine nature, alors gardez vos déchets et surtout ne fumez pas, pour préserver cette belle nature des feux.

Réglementation du Parc National des Calanques

Voici quelques consignes, interdictions et bons gestes à connaître pour visiter les Calanques de Marseille Cassis :

  • le camping ou le bivouac est interdit
  • attention à vos déchets (pas de poubelles dans le parc pour éviter toute pollution, amenez un sachet dans votre sac)
  • les chiens sont autorisés mais tenus en laisse
  • circuler en dehors des sentiers balisés abîme l’écosystème fragile
  • il est interdit d’utiliser un drone au dessus du Parc des Calanques.

Fermeture du Parc National des Calanques

Les conditions d’accès peuvent varier selon le risque de feux de forêt. C’est pourquoi, avant de partir dans les Calanques, il faut toujours se renseigner auprès du Parc National des Calanques, aussi Calanques13.com ou le site de la ville de Marseille. Vous pouvez également télécharger l’application Mes Calanques.

Points de départ des chemins de randonnée

  • Départ: Callelongue  Calanques accessibles: Marseilleveyre (50 min), les Queyrons (1h) et Podestat (1h15)
  • Départ: Col de Sormiou  Calanques accessibles: Escu (environ 1h)
  • Départ: La Cayolle  Calanques accessibles: Sormiou (1h) et l’Escu (1h20)
  • Départ: Les Baumettes  Calanques accessibles: Morgiou (1h) et Sormiou (50min)
  • Départ: Luminy  Calanques accessibles: Sugiton (55min) et Morgiou (50min)
  • Départ: La Gardiole (La Gineste: route départementale 559, en face du camp militaire de Carpiagne)  Calanques accessibles: En-vau(2h) et Port-miou (1h50)
  • Départ: Port-miou / Presqu’île de Cassis  Calanques accessibles: Port-miou (5min) Port-pin (25min) En-vau (1h10)

Merci Calanques13.com pour les informations.

Petit aperçu live du son des cigales avec la vue

Sur les routes du Luberon, à la découverte des plus beaux villages provençaux

Situé à moins d’une heure en voiture au nord d’Aix en Provence, le Luberon est célèbre pour ses petits villages qui ont la particularité d’être soit perchés, avec une vue magnifique sur la vallée, soit adossés aux massifs du Lubéron. Souvent, ces villages se sont développés autour des châteaux du Moyen-Âge, et nombre d’entre eux détiennent encore des murailles ou des remparts.

Ansouis, Gordes, Roussillon, Lourmarin, Ménerbes, Séguret et Venasque sont les sept Plus Beaux Villages de France du Vaucluse.

Il y a bien entendu d’autres villages extrêmement charmants qui ne sont pas classés dans cette liste et qui valent le détour. Chaque village est unique et mérite une visite, mais voici mon idée d’itinéraire sur une journée. Nous avons commencé par Oppède-le-Vieux où nous avons également déjeuné, ensuite on a continué avec Ménerbes, Lacoste et Bonnieux. Et pour finir en beauté la journée, on s’est arrêté à Lourmarin pour acheter de quoi faire un pique-nique improvisé et nous sommes allés admirer le coucher de soleil dans les champs de lavande sur le plateau de Valensole.

D’ailleurs, ci-après, je vais aborder uniquement la visite des villages dans le Luberon, car j’ai écrit un article distinct sur les champs de lavande : « Valensole, à la recherche de l’or bleu« .

Et pour avoir un maximum d’informations afin de bien préparer votre escapade dans le Luberon, n’hésitez pas à consulter le site de Luberon coeur de Provence ou de les appeler, ils seront ravis de vous conseiller.

Oppède-le-Vieux

En tout honnêteté, je n’avais jamais entendu parler de ce village, et c’est en regardant une émission sur le Luberon avec Michel Leeb que je me suis dite que cela pourrait être chouette de commencer notre tour dans le Luberon par là.

Oppède est un magnifique petit village construit au sommet d’un piton rocheux envahi par la végétation avec en toile de fond des forêts et des rocs. Le village fait partie du Parc Naturel Régional du Luberon et a la particularité d’être composé de deux villages qui se sont succédés en tant que chef-lieu au fil du temps. Le village actuel qui se trouve dans la vallée a été fondé vers 1900. Son nom semble découler d’Oppidum, qui signifie hauteur stratégique fortifiée. 

C’est sans doute le plus inaccessible des villages perchés du Luberon et c’est bien pour cela que je l’aime. Il y a quelque chose que cet endroit dégage qui nous reste collé à la peau, une sorte de nostalgie difficile à exprimer.

Il n’est pas surprenant qu’au fil du temps, certaines personnalités y ont élu domicile de manière régulière ou ponctuelle.

Dans les années 30 et 40, Consuelo Suncin Sandoval de Gomez, l’épouse d’Antoine Saint-Exupéry, a séjourné régulièrement à Oppède jusqu’à la mort de l’écrivain en 1944. Elle y trouvait l’inspiration pour ses peintures et sculptures. Consuelo est la rose du Petit Prince, et dans son livre consacré à Oppède, elle écrit:

« Des murailles immenses, des tours décapitées avaient surgi devant moi, proches ou lointaines, je ne pouvais pas le savoir à cet instant. Toutes les lumières du couchant éclataient sur les contreforts et les parois percées de hautes fenêtres en ogive, à travers lesquelles on voyait luire le ciel pâle. La masse énorme du château se confondait sur les deux ailes avec les crêtes. Elle se perdait plus bas, dans les parois abruptes d’un rocher, dominant une large coulée de ruines, de maisons, de terrasses accrochées aux flancs d’une colline dont la base, déjà, baignait dans l’ombre. Cet entassement de pierres géantes apparaissait invraisemblable, élevé dans la lumière en avant de l’horizon aux lignes pures et bleuissantes du Luberon. C’était Oppède. »

Plus récemment, Michel Leeb a fondé un festival en juillet, au profit de l’association Notre Dame d’Alidon pour restaurer celle-ci. Même Ridley Scott y a séjourné pendant le tournage du film sur les terres du Luberon « Une année en Provence ».

Pour découvrir le vieux Oppède, le mieux c’est de se balader, se perdre dans les petites ruelles. Et afin d’accéder à l’église romane et au château en ruine situés en haut du village médiéval, il faut escalader les calades. La pente est un peu rude, mais la découverte de Notre-Dame-d’Alidon, bâtie en 1500 sur les fondements d’une église du Xème siècle, est un moment magique avec un panorama à couper le souffle. 

Dans la montée, les vielles maisons médiévales et de la Renaissance ont un charme hors du temps, les portes sont très photogéniques et les fenêtres des certaines maisons font penser au style byzantin.

Et comme nous avons fini notre balade sur le coup de midi, nous avons profité pour déjeuner sur la petite place d’Oppède-le-Vieux au Petit Café que je recommande chaleureusement. Très bonne surprise, on a été attiré par les fines odeurs qui sortaient de la cuisine et notre odorat ne nous a pas trompé, la preuve en images :). Cuisine de saison avec des produits frais. Pensez à réserver, nous avons eu de la chance d’avoir la dernière table.

Ménerbes

Classé parmi les plus beaux villages de France, Ménerbes surplombe un paysage de garrigue et de vignes, ainsi qu’un beau panorama sur le Lubéron. Baptisé ainsi en l’honneur de la déesse romaine Minerve, fille de Jupiter, le village a été bâti sur un éperon rocheux, et vu du ciel, il ressemble à un vaisseau de pierre.

Le village de Ménerbes était déjà habité aux temps préhistoriques, comme en témoigne le Dolmen de la Pichouno. Au XVIème siècle, grâce à ses fortifications et sa citadelle, le village acquiert la réputation d’être imprenable. Plus tard, au XXème siècle, de nombreux peintres et écrivains, comme Picasso, Clovis Hugues ou Nicolas de Staël, donnent un côté artistique au village.

Petite anecdote, la maison de Dora Maar à Ménerbes est le cadeau de rupture que Picasso a fait à Dora en 1943. Présentés par Paul Éluard au café des Deux Magots, Dora Maar et Pablo Picasso entament en 1936 une liaison passionnelle et destructrice qui durera environ sept ans. Muse et modèle du pape de l’art moderne, Dora Maar n’en reste pas moins l’une des grandes photographes du XXe siècle.

De nos jours, Ménerbes est réputé pour être l’ambassadeur de la truffe.

Je trouve trouve que Ménerbes est très photogénique, en tout cas j’adore prendre en photo les portes et fenêtres avec toute cette végétation!

Comme dans tous les villages du Luberon, c’est en vous baladant au hasard des ruelles que vous découvrirez ses trésors, dont des nombreuses vieilles demeures ainsi que des hôtels particuliers du XVIIIème siècle.

A quelques kilomètres du village, vous pourrez également visiter l’Abbaye de Saint Hilaire, un ancien couvent carmélite du XIIIème siècle qui est en partie troglodyte.

Lacoste

Un endroit spécial dans le Luberon est le beau village Lacoste, surplombant la vallée du Calavon, les monts de Vaucluse avec en arrière-plan le mont Ventoux et les Alpes. On aperçoit le village de Bonnieux sur la colline en face. L’enceinte médiévale rassemble de belles maisons en pierre calcaire avec des façades Renaissance, les maisons étant disposées en gradins au pied des ruines du Château.

Vue du Château du Marquis de Sade, on aperçoit Bonnieux sur la colline en face

Le village est dominé par son imposant château médiéval (remanié au XVIème siècle), qui fût occupé par Louis Alphonse Donatien, plus connu sous le nom de marquis de Sade. Le marquis de Sade y séjourna de 1769 à 1772, et ensuite à plusieurs reprises jusqu’en 1778. A la Révolution, le château fut vandalisé et en partie détruit et ce n’est que deux siècles plus tard qu’il sera restauré par le couturier Pierre Cardin.

Le couturier imagine alors Lacoste en futur «Saint-Tropez local de la culture» et très vite, il installe un festival d’art lyrique dans les carrières voisines du château. Le village est une terre d’accueil des artistes depuis longtemps : autrefois, les surréalistes Breton, Ernst et Char s’y sont attardés. Dans leur sillage, des générations de sculpteurs, peintres et poètes s’installent aux côtés des paysans. Bernard Pfriem, un artiste américain, les rejoint pour créer une école d’art américaine qui existe toujours.

Quant à Pierre Cardin, sa présence à Lacoste fait polémique depuis une dizaine d’années. Il a acheté une quarantaine de maisons qu’il a certes rénovées, mais elles ne sont que des vitrines vides et ce beau village provençal est devenu petit à petit un village fantôme. Dans les villages environnants, il y a des boutiques de souvenirs où on peut acheter de la lavande, un livre, une bouteille de vin, où on hésite entre tel ou tel restaurant à l’heure du déjeuner. Ici, quand on remonte la rue Basse qui mène de la mairie à la place principale, il n’y a rien. Tout est vide et c’est bien dommage.

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